Il est de ces moments ou le temps s'arrête...
J'ai appris, lundi après-midi, que ma mère devait passer une biopsie du sein parce que la mamographie a décelé quelquechose. Ça m'a beaucoup attristée mais j'étais au travail et le mien étant intense, je n'y ai pas songé autant que je l'aurais voulu.
Nous sommes allés au cinéma, Pierre et moi, voir le film L'interprète. Un film correct qui a quelques références somme toute banales à la mort mais qui m'ont touchées. Pendant le générique, une phrase de Woody Allen que Pierre m'avait citée au début de notre relation me revint en mémoire (citation libre) : Certains événements nous enlèvent la brume qu'il y a dans nos lunettes et nous voyons la vie telle qu'elle ait, nous faisons face à nos valeurs, etc. Mais tranquillement la brume revient toujours. À cette seconde précise, par la fatigue, par le fait que le film m'avait "divertit", je me suis retrouvée sans m'en rendre compte au milieu d'une minute sans brume dans mes lunettes. Je me suis mise à pleurer. Beaucoup. Mais pas de douleur, pas de peur, de pure peine. Une peine profonde, calme. Après un instant je me suis levée, et nous avons marché dehors. Je me sentais vide. Mais pas vide fatiguée, juste vide un peu comme vierge. Je disais à Pierre que j'étais "avant", s'il y avait quelquechose pour ma mère. Je me sentais dans ma vie d'une façon aigue.
La brume est revenue mais elle a laissé un peu de peine derrière elle et une autre façon de voir la peine.
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