Il se passe parfois des choses choquantes ou étranges qui nous font changer, pratiquement à notre insu.
Il y a quelques semaines, j'ai ouvert ma porte de voiture alors qu'une cycliste s'en venait. Hé oui, elle a foncé dans la porte et s'est retrouvé parterre, complètement sonnée. Elle avait une plaie à l'épaule, ouverte. Elle ne voulait pas se rendre à l'urgence sur le moment mais en voyant sa plaie, elle a changé d'idée. Ce sont les premières secondes.
J'ai eu l'impression d'avoir blessé un ange... Une superbe, belle jeune femme, grande, mince avec un air tellement doux et un petit accent tout mignon. Elle me dit qu'elle est chercheure, en milieu hopitalier. Je lui dit qu'elle doit être fachée contre moi, avec raison, et je m'excuse un peu de l'accompagner à l'urgence. Elle me répond que non, elle n'est pas fachée, elle est sous le choc. On monte. Je lui demande le numéro à son travail pour les aviser qu'elle sera en retard. Elle est appelé tout de suite pour être évaluée. Elle me donne son portefeuille et me demande de le ranger dans son sac à main. Elle revient prendre ses affaires parce qu'elle va passer tout de suite pour les points et les radios et ... me tend la main, pour la serrer.
Je dois admettre que j'en ai pleurer un coup, après tout ça, en retourant travailler. Je n'en revenait pas d'avoir croisé une si belle personne. Et je me sentais encore plus coupable de l'avoir blessée.
Je suis aussi fasciné par mes réactions. Je suis bien surprise d'avoir été capable de maîtriser mon angoisse pour m'occuper d'elle totalement. Je transportais ses choses, j'ai cadenassé son vélo. J'étais une adulte à ce moment-là. Pleinement. J'avais commis une étourderie et j'en assumais les conséquences sans trop dramatiser non plus. J'étais capable d'être disponible pour elle, de l'accompagner sans que sa me demande un effort incroyable. Même, pas d'effort du tout. Pour une fois dans ma vie, je n'avais pas envie de prendre mes jambes à mon coup après avoir fait une bêtise, qui avait en plus blessé quelqu'un.
Quelque chose en moi s'est apaisé depuis ce moment. J'avais un bobo sur l'épaule qui ne voulait pas partir, il a commencé à désenfler le lendemain. Il y a aussi des angoisses de la vie qui se sont un peu estompées comme avoir toujours peur pour ma fille. C'est fou parce qu'il s'est produit un incident mais il m'a apaisé, d'une façon.
J'ai revu la jeune femme cette semaine pour lui payer les dommages sur son vélo. Elle était vraiment très sympathique, amicale presque. Elle semblait satisfaite du travail des médecins en me montrant sa cicatrice qui, disons le, était très belle.
J'espère bien la revoir. Parfois j'ai envie de lui raconter cette histoire mais j'ai peur... Peur de lui dire que j'ai tiré du positif d'un événement ou je lui ai fait du mal, même si c'était tout à fait accidentel.
S'abonner à :
Publier des commentaires (Atom)
Aucun commentaire:
Publier un commentaire