Pendant l'ouverture du cercle, on nous permet, par un exercice de méditation, d'entrer en contact avec notre guide. J'ai senti une belle lumière me serrer dans ses bras. Je ne vois pas de visage. Je n'y arrive pas. D'ailleurs, je suis toujours un peu en avance de la méditation. Et je frustre un peu que ça n'aille pas ou je le désire. Mais ultimement, je sens sa présence. C'est déjà ça.
On nous dit de garder le silence et d'aller questionner notre guide en allant nous coucher. Moi et ma mère, on dort dans la même chambre. On est excitée et d'ailleurs j'aide P (shaman) a monter la tente de sudation pour le lendemain. Je suis allée sur le bord du lac, il y avait de la brume. C'était ... magique. Le silence de la forêt. La noirceur. J'avais le goût de prendre la chaloupe pour aller au milieu du lac.
Je ne garde pas le silence. Je ris. On rit. On monte dans notre chambre. J'arrête pas de péter. Vraiment, c'était dément. On rit. Ma mère me dit qu'elle a une bibitte dans la couverture. Je me lève en sursaut. Je mets mes lunettes. Oui, elle a une bibitte dans la couverture, le toit. On a un fou rire. J'ai bien dormi.
Le matin, déjeuner avec les gens des tentes qui viennent nous rejoindre dans le chalet. M R fait des oeufs et du jambon. Je suis un peu inconfortable. On mange, un peu gêné. C'est bien mais un peu froid.
On s'en va faire la roue de médecine au deuxième chalet. On est bien content de faire ça en dedans, loin des millions de bibittes qui nous voient comme des buffets. On s'assoit tous en cercle, on est vingt. On se regarde. On sourit.
C'est là que ça va commencer. On se passe le bâton de parole. Celui qui l'a peut parler. On dit pourquoi on est là. Il faut parler avec ses trippes, quelques minutes, plus ou moins et là, quand le shaman juge que ça vient du coeur, en finissant par dire ce qu'on vient chercher, il dit "oh" et on répète en coeur. Le "oh" c'est comme faire monter la prière au ciel. C'est P qui commence. Il est très vrai. Vulnérable. Il a les larmes aux yeux. Ça touche tout le monde. C'est très beau. "Oh"! On continue avec ma mère. "oh" Et là c'est moi. Je parle. Je dis que c'est mon premier week end de congé. J'en oublie des bout mais je finis par dire que je veux explorer ce qui fait mal pour avoir accès à ce qui est beau. "oh" J'ai continué à pleurer pendant les deux heures qui on suivi. Pas pleuré de douleur. Pleuré de compassion, de beauté, de vulnérabilité, de contact avec moi, avec les autres. Plus de la moitié des gens pleurait. C'était beau et émouvant. Je peux tu vous dire que ça rapproche, le braillage.
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